LIVRE
Il n'est rien ici- bas d'éteinelle durée; Une chose qui plaît n'est jamais assurée ; L'épine suit la rose S ^t ceux qui sont contents Ne le sont pas long-temps.
Lt [)uis qui ne sait point que la mer amoureuse En sa bonace même est souvent dangereuse, Kt qu'on y \oit toujours quelques nouveaux roclier; Inconnus aux nochers ?
Déjà de toutes parts tout le monde méclaire ; Et bientôt les jaloux , ennuyés de se taire , Si les vœux que je fais n'en détournent l'assaut , Vont méilire tout haut.
Peuple, qui me veux mal, et m'imputes à vic<' D'avoir été payé d'un fidèle service, Oii trouves-tu qu'il faille avoir semé son bien, Et ne recueillir rien ?
Voudrois-tu que ma dame , étant si bien servie , Refusât le plaisir où l'âge la convie , Et qu'elle eût des rigueurs à qui mon amitié Ne sût faire pitié ?
Ces vieux contes d'honneur, invisibles chimères, Qui naissent aux cerveaux des maris et des mères, Étoient-ce impressions qui pussent aveugler Un jugement si clair?
\ nemislitiie liemiux. A. Chlmeu.
m l'OKSIKS.
Non, non, «'11(3 a liien fait de lu'i'tie favoiahlo, Vojant mon feu si grand et ma (bi si durable; Et j'ai bien fait aussi d'asservir ma raison En si belle prison.
C'est [»eu d'expérience à conduire sa vie , De mesurer son aise au compas de l'envie, Et perdre ce que l'âge a de fleur et de fruit , Pour éviter un bruit.
be moi que tout le monde à me nuire s'apprête , Le ciel à tous ses traits fasse un but de ma tête ; Je me suis résolu d'attendre le trépas, Et ne la quitter pas.
Plus j'y vois de basard, plus j'y trouve d'amorce Où le danger est grand, c'est là que je m'etTorce; En un sujet aisé moins de peine apportant , Je ne brûle pas tant.
Un courage élevé toute peine surmonte ; Les timides conseils n'ont rien que de la bonté; Et le front d'un guenier aux combats étonné, Jamais n'est couronné.
Soit la lin de mes jours contrainte ou naturelle, S'il plaît à mes destins (jue je meuie |)our elle, Amour en soit loué ! je ne veux un touïbeau Plus beuroux ni [)Ins beau.