LIVRE
Déjà le Tésin tout morne Consulte de se cacher, Voulant garantir sa corne, Que tu lui dois ai raclier ; Et le Pô , tombe certaine De l'audace trop hautaine , Tenant baissé le menton Dans sa caverne profonde.
S'apprête à voir en son onde Choir un autre Phaéton.
Va, monarque magnanime, Souffre à ta juste douleur Qu'en leurs rives elle imprime Les marques de ta valeur ; L'astre dont la course ronde Tous les jours voit tout le monde N'aura point achevé l'an Que tes conquêtes ne rasent Tout le Piémont , et n'écrasent La couleuvre * de Milan.
Ce sera là que ma lyre , Faisant son dernier effort, Entreprendra de mieux dire Qu'un cygne près de sa mort ,
i. Allusion aux armes du duché de Milau. Édit,
l'OKSIKS
Kt se n'iniaiit favorable Ton oreille incomparalde , Te forcera d'avouer Qu'en l'aise de la \ittoire Rien n'est si doux que la gloire De se voir si bien louer.
Il ne faut pas que tu penses
Trouver de l'éternité
En ces pompeuses dépenses
Qn'invpnte la vanité :
Tous ces chefs-d'œuvres aiitiqiu-s
Ont à peint' leurs reliques '
Par les Muses seulement
L'homme est exempt de la Parque.
Kt ce qui porte leur marque
Demeure éternellement.
Par elles traçant l'histoire De tes faits laborieux ,
t. ce mol de reliques est beau et sonore; de plus, employé rarement, il fsl encore presque tout neuf. Cest pourquoi il ne faut point qu'il soit perdu pour notre poésie, tlacine, qui connaissait les \êriiables richesses et qui ne les laissait point échapper, l'a mis en usage deux fois. Dans Phèdre :
Ces tombeaux antiques
où des rois, ses aïeux, sont les froides reliques.
Dans Baja/et :
Déjà, sur un vaisseau dans le port prépare. Chargeant de mon débris les reliques plus chères. Je méditais ma fuite aux terres étrangères.
Ce dernier exemple est bien beau et bien hardi. A Chemfr