LIVRE If
Tu nienois le blond Hyménée, Qui devoit solennellement De ce fatal accouplement Célébrer l'heureuse journée.
Jamais il ne fut si paré , Jamais en son habit doré Tant de richesses n'éclatèrent; Toutefois les nymphes du lien , >fon sans apparence, doutèrent Qui de vous deux étoit le dieu.
De combien de pareilles marques , Dont on ne peut me démentir, Ai-je de quoi te garantir Contre les menaces des Parques?
Si ce n'est qu'un si long discours A de trop pénibles détours; Kt qu'à bien dispenser les choses, Il faut mêler pour un guerrier A peu de myrte et peu de roses Force palme et force laurier.
Achille étoit haut de corsage ; L'or éclatoit en ses cheveux , Et les dames avecque vœux Soupiroient après son visage; Sa gloire à danser et chanter, Tirer de l'arc , sauter, lutter,
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A mille antre n'etoit seconde :
Mais s'il n'eut rien en de plus Iteau Son nom qui vole par le monde Seroit-il pas dans le tombeau ?
S'il n'eOit , par un bras bomieide Dont rien ne repoussoit l'effort, Sur Ilion ven^é le tort Qu'avoit reçu le jeune Atride , De quelque adresse qu'an giron Ou de Pbénix , ou de Cbiron , II efit fait son apprentissage, Notre âge auroit-il anjourd'bni Le mémorable témoignage Que la Grèce a donné de lui'
C'est aux magnanimes exemples, Qui, sous la bannière de Mars, Sont laits au milieu des basards, Qu'il appartient d'avoir des temples; Et c'est avecque ces couleurs Que l'bistoire de nos malheurs Marquera si bien ta mémoire, Que tous les siècles à venir N'auront point de nuit assez noire Pour en radier le souvenir.
Kn ce long temps, où les manies D'un nombre infini de mutins.
LIVKE IJ.
Pousses de nos mauvais destins, Ont assouvi leurs félonies , Par quels faits d'armes \ ai^ureus , Plus que nul autre aventureux , N'as-tu mis ta gloire en estime, Et déclaré ta passion Contre l'espoir illégitime De la rebelle ambition?
Tel que d'un effort difficile
L'n Ueuve, au travers de la mer,
Sans que son goût devienne amer.
Passe d'Élide en la Sicile;
Ses Ilots, par moyens inconnus,
Eu leur douceur entretenus,
Aucun mélange ne reçoivent ,
Et dans Syracuse arrivant
Sont trouvés de ceux qui les buiNent
Aus^i peu salés que devant.
Tel entre ces esprits tragiques, Ou plutôt démons insensés, Qui de nos dommages passés Tramoient les funestes pratiques, Tu ne t'es jamais diverti De suivre le juste parti ; Mais, blâmant l'impure licence De leurs déloyales humeurs.
As toujours, aimé l'innocence Et pris plaisir aux bonnes mœurs
112 POKSIICS.
Depuis (lue, pour sauver sa terre, Mon roi, le plus ^raïul des humains, Kut laissé partir de ses mains Le premier trait de son tonnerre, Jusqu'à la fin de ses exploits, (^ue tout eût reconnu ses lois, A-t-il jamais défait armée.
Pris ville, ni forcé rempart.
Où ta valeur accoutumée IN'ait eu la principale part :'
Soit que près de Seine et de Loire Il pavât les plaines de morts.
Soit que le Rhône outre ses bords Lui vît faire éclater sa gloire, Xe l'as-tu pas toujours suivi , iNe l'as-tu pas toujours servi , Et toujours par dignes ouvrages Témoigné le mépris du sort Que sait imprimer aux courages Le soin de vivre après la mort?
Mais quoi ! ma barque vagabonde Est dans les sirtes bien a\ant, Et le plaisir la décevant , Toujours l'emporte au gré de l'onde.
lÎELLKGAKDK, Ics matelots Jamais ne méprisent les Ilots,