POUR LA MEME
Laisse-moi , Raison importune , Cesse d'affliger mon repos , En me faisant mal à propos Désespérer de ma fortune; Tu perds temps de me secourir.
Puisque je ne veux point guérir.
.Si l'Amour on tout son empire.
Au jugement des hem\ esprits, N'a rien qui ne quitte le prix A celle pour qui je soupire, D'où vient que tu me veux ravir L'aise que j'ai de la srrvir ?
A quelles roses ne fait honte De son teint la vive fraîcheur?
Quelle neige a tant de blancheur Que sa gorge ne la surmonte.^ Et quelle flamme luit aux cieuv Claire et nette comme ses veux?
IIH POESIES.
S(tit «iiie (le ses douces niei veille> Sa parole eucliaiite les sens, Soit que sa voix de ses accents Frappe les cœurs par les oreilles :
A (jui ne fait-elle avouer Qu'on ne la peut assez louer ?
Tout ce que d'elle ou me peut diie C'est que son trop chaste penser, Ingrat à me récompenser, Se moquera de mon martyre; Supplice qui jamais ne faut Aux désirs qui volent tro[) liant
Je l'accorde, il est véritable, Je devois bien moins désirer; Mais mon humeur est d'aspirer Où la gloire est indubitable.
Les dangers me sont des appas :
Un bien sans mal ne me plaît pas
Je me rends donc sans résistance A la merci d'elle et du Sort :
Aussi bien par la seule mort Se doit faire la pénitence D'avoir osé délibérer Si je la devois adorer.