‹ Poèsies. Avec un commentaire inéditChapitre 79 sur 162 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Qui ne sait combien tle mortelles Les ont fait soupirer pour elles , Et d'un conseil audacieux , En bergers, bêtes et satyres, Afin d'apaiser leurs martyres , Les ont fait descendre des cieiix ?

Non , non , si je veux un remède , C'est de moi qu'il faut qu'il procède Sans les importuner de rien ; J'ai su faire la délivrance Du malheur de toute la France , Je la saurai faire du mien

Hâtons donc ce fatal ouvrage ; Trouvons le salut au naufrage, Et multiplions dans les bois Les herbes, dont les feuilles peintes Gardent les sanglantes empreintes De la fln tragique des rois.

Pour le moins la haine et l'envie Ayant leur rigueur assouvie, Quand j'aurai clos mon dernier jour, Oranthe sera sans alarmes, Et mon trépas aura des larmes De quiconque aura de l'amour.

l'iO POÉSIES.

A ces mois tombant mu la |ilace.

Transi d'une njortelle glace, Alcandre cessa de parler; La nuit assiégea ses prunelles, Et son ame, étendant les ailes, Fut toute prête à s'envoler.

Que fais-tu , monarque adorable •• Lui dit un démon favorable.

Lu (juels termes te réduis-tu i' Veux-tu succomber à l'orage, Et laisser perdre à ton courage Le nom qu'il a pour s=» vertu ?

JN'en doute point, quoi qu'il avienne, La belle Oranthe sera tienne; C'est chose qui ne peut faillir.

Le temps adoucira les choses , Et tous deux vous aurez des roses, Plus que vous n'en sauriez cueillir.

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