FILLE DE HENRI ^*'^ DUC DE GUISE
N'égalons point cette petite Aux déesses que nous récite L'hi^toi^e des siècles passés; Tout cela n'est qu'une chimère ; II faut dire , pour dire assez ■■ Klle est belle comme sa mère.
l'OKSIl s
SONNF/r.
Kl'ITM'lll. ni; l.A MKMI. MADKMOISKI.LI. DK CONTf MORTE 12 OU 14 JOURS APRES SA NAISSANCE.
IfilO.
Tu vois, passant, la sépulture D'un cheM'œuvre si précieux , Qu'avoir mille rois pour aïeux Fut le moins de son aventure
O quel affront à la nature i:t quelle injustice des cieux , Qu'un moment ait fermé les yeux D'une si belle créature !
On doute pour quelle raison Les Destins , si hors de saison , De ce monde l'ont appelée -.
Mais leur prétexte le plus beau, C'est que la terre étoit brûlée, s'ils n'eussent tué < c flambeau.
LivRi: Il 13:
SONNET
AU ROI HENRI-LE-GRAND
pou a LE PREMIER BALLET DE MONSEIGNEUR LE DAUPHIN DANSÉ AU MOIS DE JANVIER 1610.
Voici de ton État la plus grande mei veille, Ce fils où ta vertu reluit si vivement; Ap|)ioche-toi , mon prince, et vois le mouvement Qu'en ce jeune dauphin la musique réveille.
Qui témoigna jamais une si juste oreille A remarquer des tons le divers changement ? Qui jamais à les suivre eut tant de jugement , Ou mesura ses pas d'une grâce pareille ?
Les esprits de la cour, s'attachant par les yeux A voir en cet objet un chef-d'œuvre des deux , Disent tous que la France est moins qu'il ne mérifo
Mais moi 5 que du futur Apollon avertit,
Je dis que sa grandeur n'aura point de limite,
Et que tout l'univers lui sera trop petit.
STANCES
AU ROI HENRI- LE -GRAND
roVR DE l'ETITES NYMPHES MENANT I.'aMOUR PRISONNIER.
A la fin tant d'amants, dont les âmes l)less(^es
Languissent nuit et jour, Verront sur leur auteur leurs peines renveisées, Et seront consolés aux dépens de TAmonr
Ce public ennemi, cette peste du monde,
Que l'erreur des humains Fait le maître absolu de la terre et de l'onde , Se trouve à la merci de nos petites mains.
Nous le vous amenons dépouillé de ses armes,
O Roi , l'astre des rois !
Quitte/ votre bonté, moquez-vous de ses larmes. Et lui faites sentir la rigueur de vos lois.
Commandez que sans grâce on lui fasse justice;
11 sera malaisé Que .sa vaine éloquence ait assez d'artifice Pour démentir les faits dont il est accusé
LIA'RK II. 15Î)
Jamais ses passions, par qui chacun soupire,
Ne nous ont fait d'ennui; Mais c'est un bruit commun que, dans tout votie empire, Il n'est point de malheur qui ne vienne de lui.
Mars, qui met sa louange à déserter la terre
Par des meurtres épais , N'a rien de si tragique aux fureurs de la guerre, Comme ce déloyal aux douceurs de la paix.
Mais, sans qu'il soit besoin d'en parler davantage,
Votre seule valeur.
Qui de son impudence a ressenti l'outrage, Vous fournit-elle pas une juste douleur?
Ne mêlez rien de lâche à vos hautes pensées ,
Et, par quelques appas Qu'il demande merci de ses fautes passées, Imitez son exemple à ne pardonner pas.
L'ombre de vos lauriers admirés de l'Envie
Fait l'Europe trembler; Attachez bien ce monstre, ou le privez de vie, Vous n'aurez jamais rien qui vous puisse troubler.
i'()i:sii;s.
STANCES
SI K !,A Mor.r I)K II I:.M;|-I.K-(. KA M» AU NOM [)E M. LE DUC DE BELLEGaRDK.
Mi 10.
Kniin l'ire du ciel et sa fatale envie , Dont j'avois repoussé tant d'injustes etlorts, Ont détruit ma fortune, et, sans m'ôler la vie, M'ont mis entre les morts.
Henki, ce grand Henri, que les soins de >alure Avoient fait un miracle aux yeux de l'univt'rs , Comme un homme vulgaire est dans la sé|)ultui(' A la merci des vers.
Belle ame, beau patron des célestes ou\ rages. Qui fus de mon espoir l'infaillible recours, Quelle nuit fut pareille aux funestes ombrage» Où tu laisses mes jours 1
C'est bien a tout le monde une commune plaie , Kt le malheur que j'ai , chacun l'estime sien ; Mais en (pul autre cteur est la douleur si vraie, Comme elle est dans le mien?