L'INQUIÉTUDE
Sais-tu pourquoi cet inquiet tourment De mon bonheur empoisonne Tivressc ?
Sais-tu pourquoi dans le plus doux moment Mon œil distrait se voile de tristesse? Pourquoi souvent à ta main qui la presse Ma froide main répond négligemment ?
Le sais-tu? Non. Connais donc ma faiblesse. lUs, tu le peux, de mes travers nou\ eaux ; Je suis jaloux , et jaloux sans rivaux ! Quand le présent m'enivre de délices, Dans le passé je cherche des supplices. Ton cœur, réponds sans nul déguisement, N'a-t-il battu que pour moi seulement?
Durant les nuits, à l'heure où tout sommeille , Jamais, dis-moi, les traits d'un autre amant N'ont-ils troublé tes songes ni ta veille ? Le regard fixe et le sein oppressé , Te rappelant une image trop chère, N'as-tu jamais, le soir, près de ta mère. Laissé tomber le travail commencé ?
Tu me dis j'aime, et d'une voix si tendre! Ce mot charmant, pour moi seul l'as-tu dit ? Que sais-je ? Un autre avant moi l'cnlcndit Peut-P*.re !... Eh bien ! je ne puis plus l'cnlendre. Pardonne, hélas! dans mon trouble fa (al. Je te parais injuste, ingrat; mais j'aime ! Ah ! songe bien que pour l'amour extrême Un souvenir est encore un rival.