‹ Poésies. Avec une noticeChapitre 14 sur 121 · PRIÈRE A LA NUIT · texte numérisé non relu

PRIÈRE A LA NUIT

Du jour sœur paisible et voilée, Qui , sur la terre consolée Versant le baume du repos, Couronnes ta tète étoilée D'un diadème de pavots, 0 Nuit! pardonne si ma lyre, Frémissant au gré du zéphyre Parmi les saules de ces bords , Ose un instant par ses accords Troubler la paix de ton empire.

J'ai vu le disque étincelant S'éteindre aux humides demeures.

Et le groupe léger des Heures Suivre ton char en se voilant.

Tout dort; et moi, seul, en silence, Aux lueurs d'un pâle flambeau , Devant ton trône je balance Des suppliants l'humble rameau.

Je n'invoque point ton mystère Pour aller ravir à sa mère Une vierge au cœur ingénu, Qui , solitaire et sans défense , Achève, le sein demi-nu.

Son dernier songe d'innocence.

Je ne vais point d'un seuil jaloux Tenter la route détournée, El par un furlif hyménéc

Venger, eu dépit des \errous , La jeune épouse condamnée Au froid baiser d'un vit'il époux.

Mes yœux sont purs. 0 Nuit sacrée!

Fais qu'un songe à l'aile dorée, Avant le retour du soleil, Vienne de l'image adorée Enchanter mon heureux sommeil.

Pour toi, déilé que j'implore, Je veux sur le bord des ruisseaux Unir le pâle sycomore A l'if, ornement des tonibeaux; Jusques à l'aurore prochaine , De l'amour charmant les douleurs, Je veux à ton autel d'ébène Consacrer un hymne et des fleurs.

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