‹ Poésies. Avec une noticeChapitre 39 sur 121 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

Quand je ne serai plus , jetez au sein des feux Ces timides essais , fruit d'un talent novice , Et dites : Aux neuf Sœurs j'offre ce sacrifice. « Tel est son vœu suprême et sou dernier accent. Il s'endort; et du jour le rayon renaissant îSe viendra point rouvrir sa pesante paupière. Bientôt, de vastes feux éclairant la chaumière, Ahnédon, trop fidèle aux souhaits d'un mourant, Embrase et le sapin et le cèdre odorant. Belle Enéide ! adieu ; c'en est fait. Mais que dis-je 1 La llamme tourbillonne , et s'éteint par prodige. De ce prodige heureux , quatre fois accompli , Le vieillard fut frappé : d'un saint effroi rempli , Il reconnut des cieux la volonté propice; Et, dès lors affrauchi d'un fatal sacrifice, Il transmit aux Romains avec un soin pieux Ce poëme immortel protégé par les dieux.

Page 1