‹ Poésies. Avec une noticeChapitre 41 sur 121 · LA SULAMITE · texte numérisé non relu

LA SULAMITE

« 0 vierges de Sion ! ô mes douces compagnes !

Ne Tavez-Yous pas vu descendre des montagnes,

Brillant comme un rayon de l'astre du matin?

Dites-moi sur quel bord, vers quel sommet lointain

Ses chameaux vont paissant une herbe parfumée?

Sont-ils sous les palmiers de la verte Idumce,

Ou sous le frais abri des rochers de Sanir?

Mais , hélas I si longtemps qui peut le retenir ?

Délices de mes jours! loin de toi mon image

A-t-elle fui, pareille au mobile nuage?

Ai-je cessé déjà d'être belle à tes yeux?

Oh 1 reviens : j'ai cueilli des fruits délicieux ;

Tout est pour loi. Reviens; que ton bras me soutienne;

Que ma main tendrement frémisse dans la tienne.

Versez des (leurs : je veux jusqucs à son retour

Reposer sur des fleurs , car je languis d'amour.

Non, /ion, n'espérez pas que longtemps je sommeille;

Pour moi plus de repos : je dors , et mon cœur veille.

Mon œil appesanti, lentement soulevé ,

A cherché mon amant cl ne l'a point trouvé. »

74 CHANTS ÉLEGIAQUES.

Elle dit , et s'endort. Vers la plaine odorante ,

Non moins prompt que le daim cherchant la biche errante,

Voilà que, l'œil ardent, accourt lebien-aimé!

Son sourire est céleste et son souftle embaumé.

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