LA SULAMITE
« 0 vierges de Sion ! ô mes douces compagnes !
Ne Tavez-Yous pas vu descendre des montagnes,
Brillant comme un rayon de l'astre du matin?
Dites-moi sur quel bord, vers quel sommet lointain
Ses chameaux vont paissant une herbe parfumée?
Sont-ils sous les palmiers de la verte Idumce,
Ou sous le frais abri des rochers de Sanir?
Mais , hélas I si longtemps qui peut le retenir ?
Délices de mes jours! loin de toi mon image
A-t-elle fui, pareille au mobile nuage?
Ai-je cessé déjà d'être belle à tes yeux?
Oh 1 reviens : j'ai cueilli des fruits délicieux ;
Tout est pour loi. Reviens; que ton bras me soutienne;
Que ma main tendrement frémisse dans la tienne.
Versez des (leurs : je veux jusqucs à son retour
Reposer sur des fleurs , car je languis d'amour.
Non, /ion, n'espérez pas que longtemps je sommeille;
Pour moi plus de repos : je dors , et mon cœur veille.
Mon œil appesanti, lentement soulevé ,
A cherché mon amant cl ne l'a point trouvé. »
74 CHANTS ÉLEGIAQUES.
Elle dit , et s'endort. Vers la plaine odorante ,
Non moins prompt que le daim cherchant la biche errante,
Voilà que, l'œil ardent, accourt lebien-aimé!
Son sourire est céleste et son souftle embaumé.