LES PLAISIRS DU POETE
oc LE POUVOIR DE LA POÉSIE.
Jadis il fut des jours, favorisés du ciel.
Où des ruisseaux de lait, où des fleuves de miel,
Mollement épanchés aux vallons d'Aonie ,
Du poëte naissant abreuvaient le génie.
Les nymphes d'Hélicon , sur le double coteau,
Le soir, dansaient en chœur autour de son berceau ,
Lui versaient l'ambroisie, et, sous leur vert bocage.
Au doux bruit des concerts élevaient son jeune âge.
Ces prodiges pour toi semblent renaître encor, Fils d'Apollon ! Pour toi touchant la lyre d'or. Des chantres renommés les ombres immortelles Balancent sur ton front leurs poétiques ailes. Tu les vois, les entends; et, le jour et la nuit. L'éclat de leurs grands noms t'assiège, te poursuite Tu t'endors pour rêver aux travaux de la veille ; El le cri do la gloire eu sursaut te réveille.