CHARLEMAGNE A PAVIE. \G
D'un prince allier s'est fait le vil esclave I
Il peut subir d'injurieuses lois!
Ah ! c'en est trop ; brise à jamais ta chaiuc.
Jurons tous deux, par l'honneur et la haine,
D'unir nos bras, d'associer nos droits.
De l'oppresseur jurons la mort... — Arrête,
Je te l'ordonne, ou ma vengeance est prête.
Moi, me prêter à ton forfait nouveau!
Moi , te servir ! Regarde ce tombeau.
Mon Isambart, sans ta haine funeste,
Verrait encor la lumière céleste;
Son sang me crie : « Égorge mon bourreau I n
J'obéirai. Mais mon bras est sans armes :
Eh bienl demain, dès le soleil naissant,
Je t'attendrai sui ce tombeau récent;
Je t'attendrai . ton sang paîra mes larmes.
— ïu i"ejoindras celui qui te fut cher, Crie Adalgisc avec un rire amer.
— Non, dit Ogier, c'est loi seul qu'il appelle. Je fus témoin de ton dernier malheur:
Encor froissé de ta chute nouvelle,
Il te sied bien de parler de valeur! u II dit et part. Le fougueux Adalgise Reste immobile et glacé de surprise.
Mille projets, l'un par l'autre heurtés, Dans son esprit se confondent, se pressent, S'offrent ensemble, ensemble disparaissent. Projets détruits aussitôt qu'enfantés. Plein de sa rage implacable et profonde, Il cherche en vain d'un farouche regard Quelque vengeur dont le bras le seconde; 11 reste seul , mais il lient un poignard.