‹ Poésies. Avec une noticeChapitre 8 sur 121 · LIVRE PREMIER. "iU · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. "iU

L'éli', sa dévorante ardc^ur; Qu il échappe au \(înt des orages, Au fer tranchant de l'émondeur.

Que l'amoureuse Philomèle Ne chante que sur tes ormeaux; Et que la houlette fidèle Défende la branche nouvelle Contre l'insulte des troupeaux.

Puisse Tabeille murmurante Préférer ta feuille odorante Même au calice de la fleur !

Puisse enfin toute la nature Protéger ta fraîche verdure, Et te payer de mon bonheur !

LA DEMEURE ABANDONNKE.

Elle est partie ! hélas! peut-être sans retour !

Elle est partie ; et mon amour

Redemande en vain sa présence.

Lieux qu'elle embellissait, j'irai du moins vous voir

A sa place j'irai m'asseoir.

Et lui parler en son absence.

De sa demeure alors je reprends le chemin; La clef mystérieuse a tourné sous ma main. J'ouvre.... elle n'est plus là : je m'arrête, j'écoule-

Tout est paisible sous la voûte

De ce séjour abandonné.

De tout ce qu'elle aimait je reste environné.

L'aiguille qui du temps, dans ses douze demoureS; Ne marque plus les pas, ne flxe plus le cours,

Laisse en silence fuir ces heures

Qu'il faut retrancher de mes jours.

Plus loin, dans l'angle obscur, une harpe isolée.

Désormais muclte et voilée, Dort, et ne redit plus le doux chant des amours. Sous ces rideaux légers , les songes , autour d'elle

Balançant leur vol incertain, Des souvenirs du soir charmaient, jusqu'au malin, Le paisible sommeil qui la rendait plus belle,

Sur ce divan étoile d'or.

Qu'inventa l'opulente Asie,

De ses cheveux je crois encore

Respirer la pure ambroisie.

Je revois le flambeau qui près d'elle veillait,

A l'instant où sa main chérie

Traça dans un dernier billet

Ces mots : « C'est pour toute la vie... » Mots charmants ! Oh ! déjà sericz-vous effacés? Ne roslerait-il plus à mon âme flétrie Qu'un regret douloureux de mes plaisirs passés?

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