LIVRE PREMIER
Et sa poupe et ses mâts de fleurs étaient ornes; En ses pavillons d'or il tenait enchaînés
Et la fortune et le zéphyre.
Avant peu, disait-on, il reverra le port. Eh bien ! les jours ont fui. L'inquiète espérance A l'horizon des mers cherche en vain sa préîenc*îv 11 ne reviendra plus. Si tel était mon sort ! Hélas! du voyageur la vie est incertaine! S'il échappe aux brigands de la forêt lointaine, Le désert l'engloutit dans les sables profonds , Ou sur d'âpres chemins les coursiers vagabonds Dispersent de son char la roue étincelante,
Et brisent sa tète sanglante
Au penchant rapide des monts.
El je pars ! Ah! détourne un funeste présage, El pour moi désormais les cieux s'embelliront;
Et dans mon fortuné voyage
Je verrai, pure et sans nuage, L'étoile du bonheur rayonner sur mon front