A M. DE PARNY
to LUI ENVOYANT LE POEME DE l'aMOUR MATERNEL.
A toi ! très-aimable païen , Demi-sacré, demi-profane; Bon poêle, mauvais chrétien, Qu'Apollon sau>c, cl que Dieu damne.
POÉSIES LEGERES 'ib3
Chaule Satan etBelzébut, Caresse l'Amour et sa mère ; A la Vertu, matrone austère, Je consacre un chaste tribut.
Mes vers n'ont rien qui scandalise :
Dans l'oratoire de Vénus On répète tes oremus; Tu plaisantes; je moralise.
Nous avons chacun notre emploi;
Ainsi , dans la même famille ,
J'édifierai la mère , et toi
ïu feras soupirer la fille.
Tu célèbres la volupté ;
Moi , la tendresse maternelle.
Ma part est la vie éternelle ;
La tienne, l Immortf-lité.
LA LEÇON D'AMOUU.
Zulmis brillait Comme l'œillet Dans la prairie.
Elle inspirait La rêverie; Était jolie, Et l'ignorait Léger corsage , Tendre maintien , Nature sage N'oublia rien
A son partage.
Mais quel dommage!
Zulmis, hélas!
De tant d'appas Ne savait pas Encor l'usage.
Myrlil lui plut, Elle reçut
Son tendre hommage.
Tous deux s'aimaieut Et se donnaient Dans le bocage Baisers charmants, Quoique innocents.
Un jour qu'à l'ombre D'un bosquet sombre Ils folâtraient, Deux tourterelles Près d'eux étaient, Qui roucoulaient, Se becquetaient, Et de leurs ailes Se caressaient.
Ce doux mystère A la bergère Donne à songer; Et le berger Qui les contemple Ose tenter De profiter De leur exemple.
L'histoire dit Qu'il réussit.
Us s'instruisirent De grands secrets; Ensemble ils firent
De grands progrès
Les tourterelles Les plus fidèles , Même à leur tour, Du couple tendre Auraient pu prendre Leçon d'amour.