CHANSON
Dans celle pièce l'auleur raconte sa propre nicbavcnliirc. Des "oîeurc lidroils l'avaient complètement dévalisé.
Mes amis, on prétend à tort Qu'un poëte n'est pas volable; Aujourd'hui de ce triste sort Je suis l'exemple déplorable.
Piicn n'est plus vrai : Bias nouveau , N'ayant rien pour être plus îesfe, Je puis répéter in petto Mon omnia mecum porto...
C'est une douceur qui me reste.
Comme on avait sans doute appris Mon pou do goùl pour la parure, Ibibits, lin{';o, l'on m"a (oui pris, Malstré cadonas et serrure.
De mon mobilier peu content,
On a saisi d'une main preste
Trente-six francs d'argent comptant...
Ce qui me console pourtant,
C'est qu'on ne prendra pas le reste.
J'en voudrais presque au garnemen^ Qui, sans pitié pour mes alarmes, Ne m'a pas laissé seulement Un mouchoir pour sécher mes larmes ; Mais il respecta mes écrits En voleur discret et modeste.
Venez, innocents manuscrits.
Petits vers , avortons chéris !
ïenez-moi lieu de tout le reste.
Prenons notre parti gaîment; jN'ai-je pas des grâces à rendre?
On m'a laissé fort galamment...
Tout ce qu'on n'a pas pu me prendre.
Après tout, si je suis volé.
J'ai pour braver mon sort funeste, Avec un cœur tout consolé, Ma bonne humeur et mon Églé :
Cela vaut mieux que tout le reste.
ROSE D'AMOUii.
A MADAME
Rose d'amour, nouvelle éelose, Languit dans le creux du vallon.
Nulle, de mémoire de rose, N'a tant souffert de l'Aquilon.
Époux sauvage , il la tourmente ; Son amour ressemble au courroux; Et Zéphyr, dont elle est l'amante, Lui promet des baisers plus doux.
Rose d'amour décolorée
Va succomber à ses douleurs :
Sur sa chute prématurée
L'Aurore en vain répand des pleurs ;
Demain (triste métamorphose!)
Le premier rayon du soleil
De celle qui fut une rose
En vain attendra le réveil.
Rose d'amour! ta destinée De l'Amour obtint un soupir; Un mystérieux hyménée Unit et la fleur et Zéphyr :
Zéphyr, à l'heure où tout repose.
Trompa le jaloux Aquilon ; Au plaisir il rendit la rose, Et son ornement au vallon.