‹ Poésies canadiennes (volume 2)Chapitre 51 sur 52 · UN RAYON DE SOLEIL · texte numérisé non relu

UN RAYON DE SOLEIL

De grands nuages gris montent de Thorizon ; Le soleil jette à peine un regard à la terre ; Les feuilles et les fleurs roulent sur le gazon Et le torrent gonflé gronde comme un tonnerre.

Adieu le soir serein ! adieu le matin clair ! Sous les bosquets ombreux adieu les folles courses ! Adieu les voix d'oiseaux qui se croisent dans Tair ! Adieu le gazouillis des buissons et des sources !

282 Len Feuilles (V Erable

PluH de gais moissonneurs attroupés dans les blés ! 1 lus d'amoureux rêveurs assis sous les tonnelles ! Plus de concerts la nuit sur les flots étoiles ! Dans prés et les bois plus de parfums, plus d'ailes !

Mais parfois le soleil, déchirant les brouillards, Verse des lueui's d*or sur les flots et les chaumes ; Et Ion entend au loin les oiseaux babillards, On respire partout de sauvages arômes.

L'arbre semble bientôt se rhabiller de vert : Le vent folâtre joue avec ses rameaux souples ; Et dans le creux du val, de feuilles tout couvert, L'on croit voir par moments errer de joyeux couples.

Ainsi que la saison des fleurs et des amours Se sont évanouis mes rêves de jeunesse ; Un nuage a passé tout à coup sur mes jours, Dérobant un soleil qui me versait l'ivresse.

Un Rayon de Soleil 233

Cependant quelquefois à travers mon ciel noir Un reflet radieux glisse à mon front morose . . . Alors dans le passé lumineux je crois voir De mes bonheurs enfuis flotter l'image rose.

Et puis devant mes yeux rayonne l'avenir ; L'espérance renaît dans mon âme ravie ....

Et le rayon qui brille un instant sur ma vie, C'est celui que le cœur nomme le souvenir.

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