‹ Poésies canadiennesChapitre 12 sur 41 · A SULLY PRUDHOMME · texte numérisé non relu

A SULLY PRUDHOMME

O barde ! — un voyageur, égaré dans la plaine. Tombe, épuisé de soif, sur le pâle gazon .... Mais, comme son regard sonde encor Thorizon, Il croit ouïr le bruit d'une source lointaine ;

Et bientôt, ranimé, sentant un doux frisson, Le mourant se roidit, sur ses genoux se traîne. Et dans le creux d'un val, à l'ombre d'un buisson. Il boit la vie au flot d'une fraîche fontaine.

44 Les Feuilles d! Erable

Comme ce voyageur j étais tombé brisé.

La soif de Tidéal brûlait mon cœur lassé,

Et rien ne charmait plus mon âme soucieuse ;

Mais j'entendis au loin votre luth résonner Aussitôt à vos chants, source délicieuse.

Mon esprit s'en fût boire et se rasséréner.

Page 1