A SULLY PRUDHOMME
O barde ! — un voyageur, égaré dans la plaine. Tombe, épuisé de soif, sur le pâle gazon .... Mais, comme son regard sonde encor Thorizon, Il croit ouïr le bruit d'une source lointaine ;
Et bientôt, ranimé, sentant un doux frisson, Le mourant se roidit, sur ses genoux se traîne. Et dans le creux d'un val, à l'ombre d'un buisson. Il boit la vie au flot d'une fraîche fontaine.
44 Les Feuilles d! Erable
Comme ce voyageur j étais tombé brisé.
La soif de Tidéal brûlait mon cœur lassé,
Et rien ne charmait plus mon âme soucieuse ;
Mais j'entendis au loin votre luth résonner Aussitôt à vos chants, source délicieuse.
Mon esprit s'en fût boire et se rasséréner.