A A.-N. MONTPETIT
On vous voit, le printemps, assis seul au rivage, Le resfard sur les eaux, sondant Timmensité ; Vous cheminez souvent, dans les jours de Tété, Sous les arbres touffus de la forêt sauvage.
Vous aimez à fouler le sentier écarté,
A suivre le torrent libre de tout servage,
A gravir les haut pics que l'ouragan ravage,
A vous pencher au bord du grand fleuve indompté ;
134 Les Feuilles d'Erable
Car aux boîs, sur la grève où chante lalouette, Votre esprit de penseur, votre âme de poète S'ouvre plus largement à ses rêves aimés ;
Et voilà ce qui fait qu'en ouvrant votre livre, Je respire toujours un parfum qui m'enivre Comme lodeur des flots et des pins embaumés.