‹ Poésies canadiennesChapitre 28 sur 41 · LE PALAIS DE GLACE · texte numérisé non relu

LE PALAIS DE GLACE

On a fait un palais avec des blocs de glace.

Son portail est orné d'étranges frondaisons.

L'œil, du haut de ses tours diaphanes, embrasse De ravissants aspects, d'immenses horizons.

Le nouveau palais a des reflets d'émeraude.

Il se rit des assauts que lui livre le vent, Et notre hiver n'a pas de bruine assez chaude Pour ternir son éclat radieux et mouvant.

18() Les Feuilles dJ Erable

Le givre à ses flancs met de folles dentelures ; L'aurore de rubis étoile son cristal, Et, lorsque le couchant rougit ses crénelures, L'on dirait le château d'un conte oriental.

Puis, la nuit, sous le feu des lampes électriques. Le monument se change en un fort de vermeil Dont chaque meurtrière — explosions féeriques !- Lancerait à l'éther des bribes de soleil.

De partout on vient voir la chose merveilleuse. Chacun s'émeut devant ce chef-d'œuvre inouï, Et la belle Créole, indolente et frileuse.

Ne peut en détacher son grand œil ébloui.

Mais il aura le sort des châteaux en Espagne .... Ses murs fondront avec la neige et le verglas. Car tout près quelque folle enfant de la campagne Viendra, dans quelques jours, vous vendre des lilas.

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