L'AMOUR FATAL
Donc tu le veux, chère àme aux dangers obstinée? L(^ gouffre où nous allons, hélas! je te le dis, C'est l'Éden ténébreux, c'est TEnfer-Paradis : Je suis perdu, ma sœur, et vous êtes damnée!
Vous détesterez l'heure où votre amour est née Car le ciel punira mes élans trop hardis. Et l'enchevêtrement de mes destins maudits Brouillera les fils d'or de votre destinée !
C'est de tisons d'enfer que mes désirs sont pleins ! Il faut que j'y succombe et que tu t'y soumettes : Pauvre fille ingénue et calme, je a'Ous plains!
Le rouge de la honte ignore mes pommettes, Et je frappe du pied les plus hideux tremplins Pour atteindre le vol énorme des comètes !
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VIDUITE
Je suis pareil à ce nid d'hirondelle
Qui resta vide au retour des hivers;
Sous les grands toits que la neige a couverts
Plus de haisers, de chants, ni de bruits d'aile.
Je suis pareil à cette citadelle Abandonnée après de longs revers, Murs dégradés, par la mitraille ouverts, Et que le temps à son tour démantèle.
Mais, le nid veuf, la brise le ravit:
Le mur s'écroule enfin, la place forte Est un rocher que le passant gravit;
Moi seul j'attends un souffle qui m'emporte : Depuis longtemps déjà mon Ame est morte. Et mon cadavre obstiné me survit!
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