‹ Poésies (volume 2)Chapitre 57 sur 73 · APRES LA FIN · texte numérisé non relu

APRES LA FIN

Triste d'avoir vécu, lasse d'avoir gravi L'âpre cime d'où l'œil hébété d'épouvante Contemple le néant du rêve poursuivi ;

Mais sereine d'avoir en austère servante Fait sa tâche; attendant son salaire; espérant Oue la tombe n'est point fourbe ni décevante:

Quand elle eut laissé choir en un spasme mourant Son bras faible où l'essai d'un dernier geste avorte Et sa tète avec l'air d'un blessé qui se rend;

Quand par sa bouche ouverte afin que l'âme sorte Le miroir ne fut plus d'aucun souffle terni ; Quand un cierge brûla, quand ce fut une morte :

LVjeil de la morte, l'œil déjà cave et jauni Pleura. Je vis pleurer cet œil. Telle une épée, Horrible, suinte encore après le duel fini.

0 paupière par l'ombre éternelle occupée, Quelle angoisse pleurait ta larme? Nul n'a su Si c'était quelque ancienne espérance trompée,

Morte effrayante! ou ton suprême espoir déçu.

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