MA MAISON
Ma maison, sur le flanc du coteau, blanche et verte. Regarde les soleils levants. Sa porte, ouverte Comme par un sourire aftable, dit : « Entrez! » On ne sait de quel jour interne pénétrés Les carreaux de ses deux fenêtres ont des flammes Douces, comme ces yeux qui révèlent des âmes. Sa toiture est d'ardoise: on la voit de très loin, Bleue et coquette, avec un vase à chaque coin. Vase de terre, où s'ouvre une âpre plante grasse. Lee sentiers du jardin circulent avec grâce,
rsettement limités de fraisiers ou de buis.
Le jour sous les tilleuls est très doux. Peu de bruits.
Beaucoup de fleurs : jasmins, tulipes, chèvrefeuille.
Tout est propre, riant, rangé. La grille accueille.
Le soir, dans son cristal calme, sous le rideau
Des arbres, un bassin où s'est tu le jet d'eau
Reflète entre ses bords de luzerne et de menthes,
La kme aux cieux nageant, cygne des nuits dormante-
Si j'étais le passant qui gravit le coteau, Suant, l'été, gelant, l'hiver, sous son manteau, Triste toujours, — car nul ne marche sur la terre Sans qu'un souci, frivole espoir ou deuil austère, Ne mine, comme un ver le noj'au, sa rais(*n, — Et si, blanche, au détour du sentier, ma maison Dans sa sérénité m'apparaissait, subite.
Je m'écrirais : t C'est là que le bonheur habite ! *
OIRS MOROSES.