‹ Poésies (volume 2)Chapitre 68 sur 73 · LE CHASSEUR · texte numérisé non relu

LE CHASSEUR

Je vis un beau chasseur à l'arc de fer et d'or! Les bètes devant lui formaient des groupes fauves ; Et sur son front fr(jlé des ramiers et des mauves Parfois s'ouvrait le vol immense du condor.

Bande l'arc ! et saisis la flèche meurtrière, •' Lui dis-je. '< Quelle proie est à ton gré, chasseur/ L'once affreuse,, ou le daim que défend sa douceur Le buffle pacificjue, ou la louve guerrière?

« Vois! tout ce qui bondit, ou rampe, ou prend son vol, << Sans soupçon du péril se présente aux blessures. " Perceras-tu l'aspic aux sifflantes morsures, « Ou le mélodieux gosier du rossignol? »

Mais lui. sans daigner voir l'oiseau ni les reptiles Ni la grâce du faon ni l'hyène en courroux, Pensif, avait posé son arc sur ses genoux Et laissait au carquois ses flèches inutiles.

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