‹ Poésies (volume 3)Chapitre 16 sur 78 · INVITATION A LA PROMENADE · texte numérisé non relu

INVITATION A LA PROMENADE

Poète frivole, épris des musées VA des rouges fleurs en papier gommé, Tu n'as jamais vu que de tes croisées La verte splendeur du mois embaumé.

En vérité, ceux qui font des risées Sur le doux printemps n'ont jamais aimé.

Mouillez ma bottine, ô fraîches rosées Du bois où bourgeonne et gazouille Mai !

Belle fleur, dis-moi la bonne aventure!

Ah ! mon amoureux, il n'est rien de tel Que de voir au vent flotter ma ceinture.

Do mon doigt rosé comme en un pastel.

Je veux t(; montrer l'éclat immortel D'im site charmant comme une peinture!

LE JAPAGANI

Sous l'évasement noir de quelque grand platane, Comme un japacani dans les feuilles niché, Ayant sous mes talons tout ce qui luit ou plane. Je veux dormir, au nid de mon désir couché !

Je veux que Ton me tresse un hamac de liane, Que l'haleine des fleurs baise mon front penché. Et, caressante, éveille une chanson persane Sur mon luth qui frissonne à ma droite abranché !

Que, mon narguilhé d'or s'allume, et que dans l'ombre Enjaillisse, à la fois éblouissant et sombre, Le tourbillonnement des rêves inouïs ;

Que de vous la plus belle, ô houris de ma couche. Butinant des senteurs de femme à chaque bouche. M'apporte en un baiser tous vos baisers unis!

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