FUNERAILLES
D'où vient que sur la mer la nuit S'étend ce soir plus solennelle, Et que tant d'horreur pèse en elle Dans le silence et dans le bruit?
L'immensité des cieux funèbres,
Comme le plafond d'un caveau
Sépulcral où veille un flambeau,
N'a qu'un astre dans les ténèbres;
Comme on tend de deuil la maison Au jour fatal des sépultures, L'ombre vèt de noires tentures La façade de l'horizon ;
Parmi les plaintes douloureuses Que hurle l'orgue de la mer, Les rafales dé vent amer Gémissent comme des pleureuses,
Tandis qu'avec le bruit, là-bas, D'un écroulement de décombres.
Le lourd battant des vagues somhres Dans les roches sonne le glas*
Qui donc est mort? Mon cœur se glace, De qui donc mène-t-on le deuil?
Qui donc a-t-on mis au cercueil D'assez grand pour que tout l'espace,
Mer et ciel, sans fin ni milieu, Dans un seul sanglot se confonde ?
Oh î certainement, nuit profonde, Quelqu'un est mort. Si c'était Dieu!