A UN PASSANT
Voyageur nouveau dont le pas Dédaigne la route tracée, Courbe l'orgueil de ta pensée; Humble, marche, et ne rêve pas.
Au poteau du carrefour sombre Un doigt te prescrit ton chemin; Résiste aux signes qu'une main Dangereuse te fait dans l'ombre.
i02 SOIRS MOROSES.
Quiconque, traître à son devoir.
Hésite en Tétape ordonnée, Après une triste journée Verra monter un triste soir.
Non loin des mares incertaines Des spectres froissent les roseaux...
II frissonnera dans ses os Sous un vent de bouches lointaines.
II dira : « Je touche au tombeau ! • Et dans le noir vent qui le frôle Sentira choir sur son épaule L'épouvante, horrible corbeau !
Toi donc, suis l'éternelle route Sans céder au rêve trompeur, Et sois préservé de la Peur, Cette punition du Doute.