‹ Poésies (volume 4)Chapitre 168 sur 171 · FÉVRIER · texte numérisé non relu

FÉVRIER

Dans un seau d'eau noir et très clair Un enfant voyait une étoile Qui, toute petite, avait l'air D'un beau diamant sous un voile.

« Ah ! cria l'enfant, je la veux ! » Et, dans la jupe maternelle.

Tout en pleurs, il prit aux cheveux Et cassa son polichinelle.

116 Intermède.

Victor Hugo passait, très doux.

Il considéra le désastre Et dit : « Pourquoi refusez-vous A ce petit garçon cet astre? »

La mère dit : « Je ne peux pas, Comme les fleurs de ma fenêtre, Cueillir Mars ou Vénus, là-bas...

— Attendez un peu •», dit le Maître.

Il alla trouver le bon Dieu Qui pour tente a la belle toile De l'immense firmament bleu, Et lui dit : a Donnez-moi l'étoile.

— Je ne peux pas, dit le bon Dieu ; Cela me créerait des affaires :

Chaque astre est une note en feu Dans le concert parfait des sphères !

Victor Hugo, musicien

Sans passion, dit : « Père unique,

On ne s'apercevra de rien

Dans l'immense boîte à musique.

Intermède.

Et c'est pour un petit enfant !

— Me la rendra-t-il ? — certe ! — intacte ?

— J'en réponds. » Le Maître, au levant, Cueillit l'étoile après ce pacte.

Et vers l'enfant pressant le pas

A travers les divins espaces,

« Tiens ! » lui dit-il, et puis, tout bas :

« Dis que c'est moi, — si tu la casses! »

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