‹ Poésies (volume 4)Chapitre 35 sur 171 · Pdlllch U · texte numérisé non relu

Pdlllch U

a Tel que sur l'humble saule et le frêne argenté Plane mon front, de même au-dessus des ; lus belles Se dresse fièrement ta orance vénusté !

Les timides enfants dorment sous les ombelles ; Viens rêver dans mon ombre immense, et que le vent Secoue en vain ma force et ta beauté rebelles !

Je t'aime ! Souviens-toi, Déesse, que souvent J'écartai de tes yeux les rayons et la brise. Lorsque tu reposais sous mon dôme mouvant !

Quand les oiseaux chanteurs menaçaient la cerise De ta lèvre^ un rameau tressaillait, et l'essaim De reprendre son vol, craignant quelque surprise.

Viens, je te donnerai pour décorer ton sein Des glands encore verts, de belles feuilles lisses, Et ton bonheur sera mon unique dessein! »

Les abeilles sortaient à demi des calices : « Pantéleïa, je t'aime et je ferai du miel Dans ta bouche, alvéole aux humides délices! »

Paiilclcui.

tt Pantcleïa, disait le nuage du ciel,

Je t'aime et je voudrais t'enlcvcr dans l'espace,

Vers les palais d'azur où sont les Ariel ! »

« Je t'aime et je suis doux, » dit l'épervier rapace. a Je t'aime et je suis fort, » dit le ramier tremblant. « Je t'aime, » dit l'essaim des colombes qui passe !

a Pantéleïa, disait la Lune au front dolent, Sœur des étoiles d'or, tes farouches prunelles Effaceraient l'éclat du Sirius brûlant !

Fille du ciel, remonte aux sphères maternelles, Et l'homme émerveillé nommera de ton nom L'étoile qui luira belle parmi les belles ! »

Mais Pantéleïa, calme, a fait signe que non !

26 Pitnli'Jeïa.

Ce fut tout, et la nuit redevint solitaire. L'astre, dans l'onde noire, éteignit son reP.et. Et le grand chêne dit au lion de se taire.

Seule, Pantéleïa, qu'une flamme brûlait, Se dressa lentement sur la mousse flétrie, Et dans la solitude elle se contemplait 1

Panti'lehi.

Elle se contemplait avec idolâtrie! — Son regard indolent, nuage où dort l'éclair. Mesure de son corps la belle symétrie.

Ses deux bras éployés se frôlent parmi l'air, Sa tctc fière plane, et son âme se noie Dans l'éblouissement sublime de la chair !

L'aile de son désir a découvert sa voie ! Elle s'élève enfin, bondissante d'orgueil, Vers la sérénité profonde de la joie !

De chauds rayonnements l'attirent,, son grand œil S'aveugle à voir de près l'Idéal, temple auguste Dont elle est à la fois la vestale et le seuil !

a Nul amour n'a courbé ma volonté robuste,

Et sur le piédestal de la virginité

Seule, j'ai vu briller la gloire de mon buste!

Mes seuls yeux, jusqu'au bout du temps illimité. Sans que jamais leur feu ne s'apaise ou ne dorme, Posséderont mon corps par mon corps convoité ;

28 Pli 11 I cl i''! a.

Et je m'abîmerai dans le délice énorme

D'être tout le désir et toute la beauté

Fondus dans la splendeur unique de ma orme ! »

Comme la mer, le rêve a son immensité ! — Puis elle s'accroupit, d'elle-même éblouie, Blanche, sans mouvement, neige, marbre sculpté,

Et le ciel contempla cette extase inouïe.

Jl

Sérénades

La nina que à mi me quiera Hj de ser con condicion, Que en haciendole yo uiia scf Ha de salir al balcon.

EsTUDIANTINA.

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