‹ Poésies (volume 4)Chapitre 36 sur 171 · PRELUDE · texte numérisé non relu

PRELUDE

Qui frappe au balcon? moi, personne, V enfant né de rois inconnus, Qui dort nu-tête et court pieds nus De ce qui brille à ce qui sonne.

Que me veut-il? Ils sont venus.

Sa guitare et lui, de Solsone,

Cœur q2ii tremble et bois qui frissonne,

Vous chanter des vers ingénus.

La chanson est-elle jolie?

Elle pleure ; Vair est ancien Et triste jusqu'à h folie.

Pourquoi donc ce musicien Pleure-t-il? c'est, dona Clélie, Pour ton plaisir, et pour le sien.

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Wandrich in dem Wald des Abeiids, In dem traumeris:hen WalJ.

Henri Heine.

Dans la forêt que crée un rêve, Je vais le soir dans la forêt :

Ta frêle image m'apparaît Et chemine avec moi sans trêve.

N'est-ce pas là ton voile fin, Brouillard léger dans la nuit brune?

Ou n'est-ce que le clair de lune A travers l'ombre du sapin?

Et ces larmes, sont-ce les miennes Qjae j'entends couler doucement?

Ou se peut-il réellement Qu'à mes côtés, en pleurs, tu viennes

Scrcundes. 3 3

Inccssu patuit avis, colore flos.

JoACHiM DU Bellay.

Elle marche d'un pas distrait, Légèrement, comme une oiselle; Elle a l'air d'un lys qui serait Une rose; je n'aime qu'elle.

Elle a des goûts séditieux En fait de vers et de toilettes ; Je n'aime qu'elle. Ses doux yeux Disent : M'js sœurs, aux violettes.

Mais est-elle toujours ainsi Qjii'elle m'est, un soir, apparue?

Car voici bien longtemps, voici Bien longtemps que je ne l'ai vue !

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lîcu! l.Krymis infantia lumir.aturgeiu Jf.ax Skcoxd.

Naguère, au temps des églantines, J'avais des peines enfantines.

Mon cœur se gonflait sans raison Sous les lilas en floraison.

A rcôpirer les chauds calices Je goûtais d'amères délices.

Sous les étoiles, pâle et coi,

Je pleurais sans savoir pourquoi.

Et maintenant je pleure encore, Le long des soirs comme à l'aurore;

En hiver, sur le b'anc grésil.

Sur les roses pendant l'avril.

Mes larmes tombent à toute heure :

Mais je sais bien pourquoi je p!eure !

Si' rc mules.

Ros unusj color unus, et unum mane duorum.

AUSCNE.

Qiiand vient l'automne nébuleux Avec ses pâleurs de chlorose, Tu caches les avrils frileux Dans un p'i de ta jupe rose.

Les mélancoliques buveurs D'aube vermeille et de rosée S'en abreuvent dans les saveurs De ta lèvre en songe baisée !

L'âme des papillons défunts

(Car octobre a des deuils sans nombre !)

Trouve asile dans les parfums

De tes cheveux poudrés d'or sombre;

Et, renonçant aux longs exils, C'est vers le ciel de tes prunelles Nuage par l'ombre des cils Qiie s'envolent les hirondelles !

36 Scrcnades.

Morgen liebe, vv.is bis hcute Nie der Licbe sich gefrcut.

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