‹ Poésies (volume 4)Chapitre 67 sur 171 · LE MAUVAIS GUIDE · texte numérisé non relu

LE MAUVAIS GUIDE

Au coup de fouet du vent qui lui cingle les reins La cavale se cabre, et rue, et mord les freins; Saute en croupe, £t saisis la bête par ses crins !

LE VOYAGEUR

Cruel avertisseur, tu devances l'aurore !

C'est la veilleuse, et non le jour nouveau, qui dore

La tiédeur de l'alcôve ensommeillée encore.

48 Soirs moroses.

Viens ! sors du lâche lit, viens ! romps l'étroit sommeil ! Et, l'œil joyeux, regarde à l'orient vermeil Ta gloire se lever comme un jeune soleil !

LE VOYAGEUR

Longtemps elle m'aima, la maison grave et bonne Où chaque meuble est cher autant qu'une personne, Où c'est avec un bruit connu que l'heure sonne.

Fouille le flanc qui fume à grands coups d'éperons, Louvres aux balcons d'or, sérails aux dômes ronds, Ils sont beaux, les palais que nous te bâtirons !

LE VOYAGEUR

Sous la grêle saulaie où l'aube se tamise, Jeanne passait avec des fleurs à sa chemise. Et c'était ma voisine, et c'était ma promise.

Là-bas, avec des bruits de baisers, par essaims, Les lentes nudités des femmes aux beaux seins Se pâment dans la pourpre ardente des coussins !

Soirs moroses. 49

LE VOYAGEUR

Hélas! pour enchaîner ma fuite pécheresse,

Ma mère aux bras tremblants, qui sur le Ht se dresse,

Prolonge dans le vent qui me suit sa caresse !

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