‹ Poésies (volume 4)Chapitre 78 sur 171 · MIROIR BRISE · texte numérisé non relu

MIROIR BRISE

Les jours que j'ai vécus depuis le jour ûital

Sont comme un haut sentier que, brusque, un gouffre borne.

Va, mon âme! et te brise en un bruit de cristal.

Ame triste ! Jamais la lune ouvrant sa corne

Ne s'y mira, jamais le ciel oriental.

Ni le lac forestier bleu sous le frêne et l'orne.

Toi seule, clair joyau du diabolique étal, Occupas pleinement sa lucidité morne ; Dans le moindre débris, ton reflet vit, total.

Et, pour bien châtier l'enfer qui nous suborne,

C'est toi, buveuse d'âme et de soufHe vital.

Toi, Parque aux yeux de vierge, enfant au cœur de Norne,

Que je rends au centuple à ton gouffre natal I

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