LUVI1NA1RE D£S AMANTS
Que, dès demain, rofliciol
Ueprésontant de Dalziel
Ou d'IIavas aux nmrch<»s du ciel,
Pour porter le cours de la Bourse D'Aldébaran à la grande Ourse, Prenne le Cocher à la course;
Et qu'aux profonds champs de lapis Où les cyclones sont, tapis, Les grillons des soleils-épis,
Un fermier, moins rustre qu'Admète Roi conducteur de bœufs, admette A tirer le soc, la comète I
(]ar, sans fm, en Thumain séjour (]onime en les astres, chaque jour Tout s(» transforme», — liors l'Amour.
L'HTMNAIRE DBIS AMANTS. 170
Tandis que croule ou se délabre
La^ Pagode, el le Candélabre •
A sept branches, et ton dieu y Labrel
Lui, l'Amour, loi, cause, élément De l'être, pur, puissant, clément, Divin, règne éternellement!
Et tandis que, pour que s'engraisse Et se saoule la joie ogresse.
Aise, art, science, tout progresse.
Lui, TAmour, sans niort ni sommeil, .
Reste sous le changeant' soleil A lui-même, à lui seul pareil.
On peut en l'azur taciturne Ajouter des parfums à l'urne Qua Tastre vide au lys nocturne,
Éiib-^..
180 I/HYMNAIRE DES AMANTS.
Du rose €^ l'aurore, des pleurs Perlaires h Taigail des fleurs, Mais non pas, Prince des douleurs
Exquises! doux vainqueur sans arme!
Amour! un sourire, vue larme A ton cher et douloureux charme.
Car tu fus, lorsqu'à l'œil humain N'avait pas lui de lendemain, Parfait dos le premier hymen;
Et meilleur à l'aubo des heures Que toutes les choses meilleures, Tel tu naquis, tel tu demeures.
En vain les coupables amants, Las d'extase, épris de tourments.
Pervertirent tes jeux charmants.
L'HYMNAIRE DES AMANTS. 481 ,
Les reines d'aromates ointes
Dont les seins eurent à leurs pointes
Du poison pour les lèvres jointes
Et qui, comme mâche son mors Une bête, ivres de remords, Mangeaient encor des baisers morts;
L'aède, sous le péristyle
Des blancs temples, d'un doigt futile
Levant la robe de Bathylle ;
Lysisca, tâtant d'une main Obscène, en l'ombre du chemin.
Le bel étalon plus qu'humain;
Gallus qui suit le bouc des prées ; Et les baignoires des Caprées D'un sang puéril empourprée^-,
182 L'HYMNAIRE DES AMANTS.
Même, de nos jours, coté tant.
Le divin spasme palpitant
Oue la vierge vend au comptant,
Et Berthe, Jeanne, Séraphine, Blêmes des plaisirs que raffine L'âpre langueur de la morphine,
N'ont pas flétri, dieu sans alTront Que nos fils aussi serviront, Le lys radieux de ton front!
Malgré la débauche et la boue Dont Torde éclaboussure échoue Aux roses candeurs de ta joue,
Tu règnes, Amour ingénu, Toujours toi, toujours reconnu, Chaste et beau comme un enfant.nu!
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Et toujours, jusqu'aux aventures Suprêmes des heures futures, Tu seras, ô toi seul qui dures,
Maître éternellement loué, Le pur bonheur qu'ont avoué A Daphnis, tes lèvres, Chloé!
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