‹ Poésies (volume 5)Chapitre 35 sur 40 · LES DOUBLES NOCES · texte numérisé non relu

LES DOUBLES NOCES

Soir d'étë I ton Chaleureux vent S'insinue et brûle, en levant Jupe et guimpe, tout le couvent!

Sous le rideau qui te tamise, La sœur Chloé, vierge promise Au Seigneur, rêve sans chemise,

2i8 L'IIYMNAIRE DES AMANTS.

Comme au cratère de TEtna L*air est si brûlant qu'elle n*a Pas plus de pudeur que Nana.

Ses innocences inquiètes D'une vision d'aiguillettes Soupirent : t Dame qui êtes

Reine parmi les anges blonds

Que l'on voit de leurs cheveux longs

Frôler, tout nus, des violons,

Pensez qu'en ce cloître où nous sommes

Les destins sont bien économes

De nous montrer de jeunes hommes!

L'évêque et monsieur le curé Ne portent plus, c'est avéré, Qu'un cœu»' ' ans modéré,

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Et loin de toute sabretache Notre pensée en vain s'attache A des (îhimères de moustache.

Parmi les lys dont le parfum Monte vers vous, d'en être Tun,

Mais cette nuit d'été, charmante Et terrible, défend qu'on mente L'espoir dont elle nous tourmente.

Un amant I ô Dame I un amant (J'entends en' songe seulement!) Me serait un heureux calmant.

Accordez que, force et caresse, Un époux, un seul ! s'intéresse, Pendant le somme, à ma tendresse,

Certe il est très doux, cœurs à jeun, t-;^ -i

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Et dès que Taube aura souri, J'olTriraij pour ce seul mari, Un cierge a votre autel fleuri!

Pleine de foi dans Tentrenaise Céleste, ainsi s'endort, promise Au Seigneur, Chloé sans chemise.

Sainte Vierge! jamais en vain Dans le palais ou le ravin On n'invoqua ton nom divin.

Dame des cieux ! vous êtes celle Par qui l'aumône d'or ruisselle En la mendiante escarcelle.

Au marin qui ne sait par où Sortir des flots virants en t' Vous ouvrez les ports du

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Vous faites d'une humble bergère La reine d'un grand roi qui gère Le sort d'une race étrangère,

Et même, lorsqu'il vous pria, Vous prodiguez au paria Plus qu'il n'espérait, Maria î

Dès l'aurore Chloé s'éveille, Rayonnante, heureuse, pareille A celles qu'un Charme émerveille,

Et, fidèle au vœu hasardeux,

A l'autel, en souvenir d'eux,

Au lieu d'un cierge, en offre deux!

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