L'ASSASSIN D'UNE ROSE
Loin de là vie et de la prose, A l'heure où s'endort la névrose, J'ai vu le spectre d'une rose !
Je l'ai vu dans mon œil fermé !
Il était triste et parfumé
Comme le deuil d'un mois de mai.
fe.V
Non sans allure snleniii^llo Il avait pour linceul une aile - Un peu blôme de coccinelle.
Bien que rose encore, et si Iip.iu, Il montrait, di^licol lambeau, L'horrew auguste du tomijeuu
Et, dans l'ombre crépusculaire, Tout ce que le destin tolère", Aux niiliiL's des fleurs, de colère.
■ CaTn d'un calice-Abel.
Tremble! et crains l'arrêt s A-t-il dit comme Jézabel.
> Jamais itf Netei
L'HYMNAIRE DES AMANTS. 235
L« rossignol module un point D'orgue exquis quand Tëtoile point!
Mais toi, tu ne l'entendras point.
Jamais, si longtenaps que tu vives,
Tu ne seras l'un des convives
Des noisetiers près des eaux vives.
Ni sur la mer ni sur les champs Tu ne verras les trébuchants Désastres rouges des couchants!
N'attends pas qu'un sort te seconde Jusqu'à t'offrir, pour ta faconde.
Le sourire d'une Joconde;
Et toujours, parmi le dédain De la lisière et du jardin.
Jusqu'à ce que d'un fer soudain,-
Vil rëtrarquel tu te perfores.
Tu feras, pour de laides Laures, Des poèmes sans métaphores! •
Je criai, poète éperdu :
• spectre, pour quel dieu vendu
Un tel chAlimeot m'est-il dû? •
Le spectre dit : « L'autre dimanche, Au corsage vers qui se penche
Ton amour, j'étais rose blanche!
Et, sans crainte d'un assassin, Je n'avais pas d'autre dessein Que d'être fleur près d'un beau sein;
Mais, celle oi^ ton désir t'emporte, Tu i'étreignis de telle sorte^ Brutal amant I que j'en sol
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Alors, je dis : « Spectre de fleur î
Annonce malheur et malheur!
Et deuil et deuil ! et pleur et pleur î
Puisque, bouche ouverte et narine Béante, j'eus sur ma poitrine L'enfant neigeuse et purpurine,
Il n'est rien qui vaille, non, rien Qui vaille, ô spectre aérien, D'en souffrir, après un tel bien ! *
L'HYMNAIRE DES AMANTS. t¥i