‹ Poésies (volume 5)Chapitre 38 sur 40 · LES HYPOCRITES · texte numérisé non relu

LES HYPOCRITES

« Vous avez, c'est sûr, D'angëliques ailes De neiga et d'azur!

Quand, pleines de zèles, A l'autel, en mai, Vont les demoiselles,

an L'HTMNAIRE DES AMANTS.

Blanche, et Toeil fermé, Vous êtes un cierge Pas môme allumé;

La divine Vierge Croit qu'un iys parmi D'autres lys émerge.

Vous n'avez d'ami - Que Toiseau qui jase ihi bois endormi;

Vous êtes un vase Pur et précieux Où fleurit rextaîic;

Et Ton voit les cieux Bleuir sous la frange De vos cils soyeux!

LHYMNAIRE DES AMANTS. 247

Mais par vos airs d'ange

N'imagineÉ pas

Me donner le change.

Qu'il est ici-bas D'âmes ingénues !

Certes, c'est mon cas,

Chaste sous les nues J'ignore pourquoi Les roses sont nues;

Au nid tiède et coi Pourquoi l'on roucoule, Je l'ignore, moi !

Si, parmi la houle Des feuillages d'or, Loin, loin de la foule,

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Ta lèvre, trésor Hélas ! dont me sèvre Ma candeur encor,

Alarmait ma fièvre l)*un feu peu chrétien, Je fuirais ta lèvre!

Pourtant je sais bien Oh le bât vous blesse, Ange aérien.

El sous la simplesse

Du nimbe, je vois

Vos cornes, diablesse! »

Je me tus. Sa voix

De nonne qui prie

Dit : « SoUl ie vous crois î

L'HYMNAIRE DES AMANTS. 2^9

Votre âme est fleurie Comme un lys aussi Du mois de Marie.

Jamais le souci D'une tendre bouche Qui sent le roussi,

Monsieur ! ne vous touche ; Même aux jeunes seins Vous êtes farouche ;

Et vos purs desseins Charment la phalange Austère des saints.

Pourtant mes yeux d'ange Pas encor déchu Ont vu, c'est étrange,

Votre pied fourchu!

L'HYMNAIRE DES AMANTS. 2bl

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