‹ Poésies (volume 5)Chapitre 4 sur 40 · UTILITÉ D'ÊTRE BON · texte numérisé non relu

UTILITÉ D'ÊTRE BON

(Talmud de Jérusalem.)

Israël dit : « Si l'on rencontre d'aventure Son ennemi dormant, près de quelque ouverture De gouffre, sur un roc ou la planche d'un pont, Que convient-il de faire ?» Et le Talmud répond : « Que sur la passerelle il dorma ou sur la cime. Ne fais pas choir celui que tu hais dans Tabyme

10 RÉLAS.

Malgré l'occasion du sommeil et du lieu; Car, sachant que tu l'y poussas, le Seigneur Dieu Détournerait de toi sa face avec colère Et le protégerait! Mais, doux et tutélaire, Éveille le dormeur, lentement, de la main, L'avertis du péril, le mets en bon chemin Vers le vallon après quelque souhait propice; Car, sachant que tu n'as point dans le précipice Poussé ton ennemi, Dieu qu'on ne peut tromper T'aura pour agréable et l'y fera tomber. »

HÉLAS. n

L'EPITAPIIE D'UN ARGJIEK

De vivre ou d'être mort, passant, vivre est le pire. Honore en son sépulcre Arkhémoros d'Épire Qui fut archer; il dort sous le roc, près des flots.

L'ombre habita ses yeux avant qu'ils fussent clos ; Apprendjs comment.

A plus de deux stades, sa flèche Dans le granit très dur comme en la pierre blèche

Entrait, subite et sûre, au point qu'il désigna. S'il chassait l'ours au mont Othrys ou vers Pydna I -L'ours au rude poil brun dout le chef toujours^ bouge S'abattait roide, aytint à l'entr'œil le poil rouge. Son Irait dans la nuée où l'aurore a souri Traversait, envolée alouette, ton cril Et le son s'égoutlait en une larme rosi?.

Aux terres que l'iater de ses flots froids arrose Le Sc^he dont le dard de fer sans s'ébrécher Fend le roc, cf^lébraît le nom de cet archer; L'Amazone rôdant sur la rive lacustre Disait : « Arkhéraoros d'Épire est "très illustre; Lorsqu'on voit, les étés, au lointain du soir bleu, Des étoiles tomber, c'est qu'il les a^ par jiju. De sa fenêtre, l'une après l'autre blessées ! • Et lui, fameux, s'enflait d'arrogantes peuséus. Ecoutant dans le bruit du carquois à ses reins Une rumeur d'escorte et de sonnants airains, Si fier qu'ayant regu de Sapor, roi de Suse, Un arc d'argent : « S'il m'est offert pour que j'en use Dans les combats, le mien me suffit, roi Sapor I «i c'est un présent d'honneur, que n'est-îl d'orî ■ |s un enfant, chasseur d'oiseaux sur les coHines.

yjnl. • Ma sug'^lle vaut eestres el javuliiii^ï*, t-îl ; & trois cents pas je jun- (l'eu boucher !e trou de mur, moins grand que ta prunelle, archer t< kfkhémoros railla. • Prends doue sous lua paupière n œil pour cible au lieu d'un vil trou diins lu pierre. « , de l'ongle, il montrait son œil droit, tixe el nu; r lui seul, de si loin, en un poinl si meuu, ^ftt pu frapper : le trait choirait dans la pierritïre. e berger compta trois cents pas en arrière.

landasou arc, lâcha la corde, et jaillissant Et flèche perça l'air et la prunelle en s;iog! Uors Arkhémoros hurla trois fois, de rage, 1 pour ne jamais voir, insupportable outrage, ^'enfant vainqueur bondir et rire en son orgueil, w3i arracha la flèche et s'en creva l'autre ciîil.

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