L^EUROPE
Non, il n'a pas suffi d'un lourd cahos tournant De matière pétrie en des malstroms de flammes Pour que surgît l'Europe hospitalière aux âmes Ta pâte eut pour levain l'Esprit, ô Continent!
Géant sacré, couché du levant au ponant, Tu médites parmi le chœur plaintif des lames; Nos fiers défis, par tes etnas, tu les proclames, Et l'univers s'allume à ton cri rayonnant!
Mais pour mieux ressembler au divin Prométhée
Il te fallait la plaie au flanc, imméritée ;
Et c'est pourquoi le Sort, mystérieux vainqueur,
Jugeant à plus de bien plus de mal nécessaire, Sans relâche, à grands cris, du bec et de la serre, S'acharne horriblement sur la France, ton cœur!