‹ Poésies (volume 5)Chapitre 9 sur 40 · LA PORTE QUI NE S'OUVRIRA PAS · texte numérisé non relu

LA PORTE QUI NE S'OUVRIRA PAS

Derrière cette pgrte close, Porte d*or et de diamant, Rayonne et flambe éperdûment Une adorable apothéose.

Là, les désirs réalisés Ruissellent, trésors, hors des coffres Aveux, promesses, tendres offres, Regards mourants, frissons, baisers!

Là, par touffe de pierreries, Jades neigeux, rubis ardents, S*épanouit, montrant les dents, Le rire des bouches fleuries.

Et pur comme le jour qui point Et met toute l'ombre en déroute, Un kohinor luit sous la voûte :

C'est le Serment qui ne ment point!

Là sont aussi, par tas de gloires.

Les diadèmes radieux Et le glaive des héros-dieux Avec le clairon des victoires,

HÉLAS. tj

Et la palme, et les lauriers verls Dont les nations enfin justes Divinisent les fronts augustes Des rhapsodes aux nobles vers!

Or, en mon rêve qui s'obstine, Je sais qu'un Mot, en un instant.

Ferait s'écarter le battant De cette porte adamantine.

Sésame h qui tout céderait, C'est le nom d'une enfant, si blanclie.

Qui sortit, corbeille à la hanche, Un jour d'avril, de la foret.

Qu'elle était blanche! Tout près d'elle Je crus en regardant ses mains Qu'elle avait cueilli des jasmins, Et sa manche avait l'air d'une aile.

Mais sans rien me laisser sinon Un parfum de tïeur envolée, L'enfant, hélas 1 s*en est allée.

Et je n'ai jamais su son nom.

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