A UNE BELLE CHASSERESSE
Doux Vents d'automne, attiédissez l'amie ! Vaste l orêt, ouvre-lui tes rameaux !
Sous les grands bois la douleur endormie, En y rêvant, souvent calma ses maux.
Aux maux plus doux tu fus hospitalière, Noble Forêt ! ici vint La Vallière; Ici Diane (1), en ces règnes si beaux; Et la charmille éclatait aux flambeaux.
La chasse court, le cerf fuit, le cor sonne : Pour prolonger ce que l'ombre pardonne, Vous ménagiez le feuillage aux berceaux, Doux Vents d'automne.
0 ma Beauté, n'y soupirez-vous pas?
Pourquoi ce cri vers le désert sauvage ? Sur son coursier la voilà qui ravage Rocs et halliers, et franchit tous les pas. Cœur indompté, l'air des bois l'aiguillonne, L'odeur des pins l'enivre. Ah ! c'est assez; Quand la foret la va faire amazone, Soufflez sur elle et me l'attiédissez, Doux Vents d'automne.
(1) Iiiane de Poitiers : il s'agit de Fontainebleau.