‹ PoésiesChapitre 55 sur 177 · A UNE AMAZONE · texte numérisé non relu

A UNE AMAZONE

Dans ces essors fougueux d'un galop insensé Où va, soir et matin, votre coursier lancé. Dans ces fuites sans fin sur la pâle bruyère, Vous vous croyez bien chaste, Amazone si fière ! Pourtant dans les hasards de cet emportement

J'ai, Madame, un rival, vous avez un amant

— Etqui donc? — Le Zéphvre. — Oh ! non ce zéphyr tendre,

Fade, et que sans sourire on ne peut plus entendre,

Ce zéphyr des boudoirs, des bosquets de Paphos,

Ce badin langoureux éteint sous des pavots :

Non, mais le grand Zéphyre, à l'aile tiède, immense,

D'Aquilon et d'Eurus le rival en puissance,

Avant que dans Paphos il fût efféminé;

Aux Ilots d'Egée aussi par les Dieux déchaîné;

Fraîchissant, frissonnant, s'égayant dans l'aurore (1),

A soupirs redoublés battant le lac sonore,

Sous la chaude nuée emplissant tous les airs,

Enflant d'aise et d'amour la cavale aux déserts,

Et qui luttant sur loi dans la rapide ivresse,

Sur ton front, sur ton sein, sur ton voile en détresse,

T'apporte obscurément délire et volupté,

A toi qui te crois chaste, ô si fière Beauté !

(I) Horriiicans Zephyrus proclivas incitai undas.

Catolle.

Et Homère, Odyssée, liv. 11, vers |21; IV, 402; V, 295, et en vingt autres endroits

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