EGLOGUE NAPOLITAINE
Du tombeau de Virgile adorant la colline, Je m'étais promené jusqu'à la Mergilline ('2),
(1) Cette Églogue a été insérée dans la Revue des Deux Mondes du 15 septembre 1859, sans nom d'auteur. Les deux vers de la lin, Paganisme immortel, es-lu mort, etc., ont souvent été cités depuis et ont passé dans la circulation.
i2) La plage au bas du Pausilype, qu'habita et chanta Sannazar.
DE JOSEPH DELOUME. 2C4
Tout plein de ces doux noms que le rêve poursuit.
La Sibylle vers Cume aussi m'avait conduit.
A Naples, le Musée en son savant dédale
M'avait longtemps offert tout un vivant Ménale,
Dianes et bergers, Bacchantes et chasseurs,
Silènes endormis, Satyres ravisseurs,
Que Pompéï creusé fit sortir dans leur gloire,
Qu'André de loin fêtait sur sa flûte d'ivoire;
Puis, dans Pompéï même, à loisir égaré,
J'avais mêlé d'amour le profane au sacré,
A chaque seuil désert revu chaque dieu lare;
Ainsi j'avais atteint le frais Castellamare,
Et là, sous des lauriers que baise un flot dormant,
L'antique me berçait d'un long ressentiment.
Virgile l'enchanteur, et Sannazar .peuL-être,.
M'appelaient en idée à l'églogue champêtre,
Et dans des vers déjà couronnés de fra cheur
J'entendais disputer le pâtre et le pêcheur :