‹ Poésies (volume 2)Chapitre 33 sur 82 · LE TEMPS ME TIENT A SA MERCI · texte numérisé non relu

LE TEMPS ME TIENT A SA MERCI

Le temps me tient à sa merci;

Est-ce un bonheur? est-ce un souci?

Tout rayon me suscite une joyeuse envie, Tout nuage projette une ombre sur ma vie.

Vienne l'été, jours de soleil :

L'ardeur me prend dès le réveil; Dans ma pensée en fleur butinent des abeilles, Mes rêves éblouis s'enivrent sous des treilles.

— Vienne l'hiver, jours de brouillard :

Je me sens sur un corbillard; La sueur du dégel pénètre mes dieux lares, Mon rêve s'est troublé, comme l'eau dans les mares.

ELEGANCES

Par un beau soir brille Vénus :

Chantons les nymphes aux seins nus ;

Faisons des vœux de faune à Phœbé la cornue;

Que ma dame en peignoir serait la bienvenue ! — La nuit se voile : au fond des trous M'objurgue le cri des hiboux ;

Un regret éveillé sous les draps me secoue.

Autour de ma veilleuse un fantôme se joue.

Je suis, sous le Nord, un banni :

Rendez-moi l'azur infini, Les horizons passés au bleu de Llonie ; Ou souffrez que ma verve ait ses temps d'atonie.

B1BUOTHECA

Page 1