LE TEMPS ME TIENT A SA MERCI
Le temps me tient à sa merci;
Est-ce un bonheur? est-ce un souci?
Tout rayon me suscite une joyeuse envie, Tout nuage projette une ombre sur ma vie.
Vienne l'été, jours de soleil :
L'ardeur me prend dès le réveil; Dans ma pensée en fleur butinent des abeilles, Mes rêves éblouis s'enivrent sous des treilles.
— Vienne l'hiver, jours de brouillard :
Je me sens sur un corbillard; La sueur du dégel pénètre mes dieux lares, Mon rêve s'est troublé, comme l'eau dans les mares.
ELEGANCES
Par un beau soir brille Vénus :
Chantons les nymphes aux seins nus ;
Faisons des vœux de faune à Phœbé la cornue;
Que ma dame en peignoir serait la bienvenue ! — La nuit se voile : au fond des trous M'objurgue le cri des hiboux ;
Un regret éveillé sous les draps me secoue.
Autour de ma veilleuse un fantôme se joue.
Je suis, sous le Nord, un banni :
Rendez-moi l'azur infini, Les horizons passés au bleu de Llonie ; Ou souffrez que ma verve ait ses temps d'atonie.
B1BUOTHECA