‹ Poésies (volume 2)Chapitre 35 sur 82 · SATIETE · texte numérisé non relu

SATIETE

Je suis jaloux de vous, pâtres de la Chaldée.

— Ma Ninon, qui m'entend, s'émerveille et dit : a Bis ! Comment, monsieur, ta canne où pétille un rubis Conduirait des moutons' quelle amusante idée!

— Je m'y tiens cependant, maîtresse pommadée. Plus de lunchs ! oh ! mais donne à ma faim le pain bis ! Oh ! de grâce, à ma soif le lait pur des brebis,

Et les libres hauteurs à nia franche coudée!

« J'irais vers le soleil, sur le dernier plateau, Attendre les grands soirs, couché dans mon manteau. Me vois-tu contemplant ces splendeurs toujours nettes ?

« Pâtre sollicité par des globes sans nom,

Je serais astronome. — Et monsieur, dit Ninon,

Aurait son pince-nez pour lorgner les planètes. »

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