LE BAIN DE POPPEE
Dans ses pinces, noir forgeron, Tacite étreint le cœur sauvage De la femelle de Néron; Moi, je lisserai son pelage.
Poppée avait si blanche peau Que pour les soins de cet ivoire Trois cents ànesses en troupeau Donnaient leur lait à sa baignoire.
Quand ses matins las de l'amour Chassaient un mortel de sa couche, Le vaisseau d'albâtre à son tour Tentait sa nudité farouche.
DERNIÈRES ELEGANCES I 69
Souvent un caveau ténébreux Cachait l'homme, enfoui sous terre ; Elle dans l'ovale amoureux Réparait les nuits d'adultère.
Rome lâche la vit régner :
Le sang coulait sur un mot d'elle.
Nous, regardons-la se baigner :
Le lait perle sur sa mamelle.
Livrez sa statue au bourreau, Passez ses bustes par les armes ; Mais quels tons fins pour un tableau Dans ce lait câlinant ces charmes !
Et cjuel triomphe pour la chair Au sortir de ce pur laitage !
Vénus ne sort que de la mer, L'impératrice a l'avantage.
Souvenir en vain détesté!
Sous ses ablutions de crème
Rayonne l'infâme beauté :
« Je te hais, Poppéc, et je t'aime. »
1/0 DERNIERES ELEGANCES
Pris d'horreur, il faut bien frémir; Elle égorgeait comme on caresse. Pourtant j'aurais osé dormir Sur la peau de cette tigresse.