‹ Poésies (volume 2)Chapitre 58 sur 82 · LE BAIN DE POPPEE · texte numérisé non relu

LE BAIN DE POPPEE

Dans ses pinces, noir forgeron, Tacite étreint le cœur sauvage De la femelle de Néron; Moi, je lisserai son pelage.

Poppée avait si blanche peau Que pour les soins de cet ivoire Trois cents ànesses en troupeau Donnaient leur lait à sa baignoire.

Quand ses matins las de l'amour Chassaient un mortel de sa couche, Le vaisseau d'albâtre à son tour Tentait sa nudité farouche.

DERNIÈRES ELEGANCES I 69

Souvent un caveau ténébreux Cachait l'homme, enfoui sous terre ; Elle dans l'ovale amoureux Réparait les nuits d'adultère.

Rome lâche la vit régner :

Le sang coulait sur un mot d'elle.

Nous, regardons-la se baigner :

Le lait perle sur sa mamelle.

Livrez sa statue au bourreau, Passez ses bustes par les armes ; Mais quels tons fins pour un tableau Dans ce lait câlinant ces charmes !

Et cjuel triomphe pour la chair Au sortir de ce pur laitage !

Vénus ne sort que de la mer, L'impératrice a l'avantage.

Souvenir en vain détesté!

Sous ses ablutions de crème

Rayonne l'infâme beauté :

« Je te hais, Poppéc, et je t'aime. »

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Pris d'horreur, il faut bien frémir; Elle égorgeait comme on caresse. Pourtant j'aurais osé dormir Sur la peau de cette tigresse.

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