‹ Poésies (volume 3)Chapitre 25 sur 124 · I/ÉCREVISSE A LA BORDELAISE · texte numérisé non relu

I/ÉCREVISSE A LA BORDELAISE

J'ai cuisiné sur de la braise Qu'allumaient les feux de l'Amour ; J'ai su poivrer, comme Véfour, L'écrevisse à la Bordelaise.

Des dames, chacune à son tour, En ont goûté, ne vous déplaise.

Éros, — venu de Charenton Pour m'aider un peu, je suppose, — Chez Ninon, mais d'abord chez Rose, Me transformait en marmiton :

Seulement la métamorphose Manquait d'un bonnet de coton.

Le matin de nos Lupercales, J'allais avec des gants froissés Prendre vivants les crustacés

Dans les cuves des Grandes Halles.

— Je retiens de ces temps passés Quelques scènes originales.

Un jour (je m'y connaissais bien"), J'avise, avant tout, la marchande La plus accorte, et je demande :

« Douze des plus belles, combien?

— Si tu veux, répond la gourmande, Mangeons-les ensemble pour rien. »

M'est avis que vous pouvez croire Que le bonhomme d'à présent, Appuyé, maussade et pesant, Sur un jonc à pomme d'ivoire, Faisait un gars assez plaisant Vers la date de cette histoire.

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