L'ATTRACTION
O terre, qui pourrais, en tournant par le monde. Lancer le genre humain comme un caillou de fronde Et le réduire, au choc d'une étoile, en poussier! Ta loi d'attraction est-elle une tendresse? Est-ce un soin maternel qui sur tes flancs nous presse, Nature, aima parais, au giron nourricier?
Non, tu vas sans amour pour ta progéniture. Un nœud fatal nous lie à ta verte ceinture ; Quiconque en veut sortir cherche un prochain trépas. Dès qu'à courir les airs l'ambitieux s'égare, L'impitoyable loi précipitant Icare, L'écrase contre un sein qui ne tressaille pas.
La douceur s'y prend mieux que ta force, 6 chimère, Pour ramener l'enfant dans les bras de sa mère,
Quand le petit s'écarte, indocile ou distrait. Aveugle attraction, que ne sais-tu, comme elle, Animant d'un bon cœur la terrestre mamelle, Nous garder ici-bas par la loi de l'attrait!
L'ÉCOLE A Abcl Hovelacque.
Savants, tirez le vrai du champ de l'hypothèse;
Des corps analysés donnez-nous la synthèse,
Pour que, dans l'évidence enfermés, tes esprits,
Leslentscommelesprompts, repondent : « C'estcompris ! »
AlorSi __ car il viendra le tour de la science, —
Les naturelles lois, lasses de patience,
Envahissant l'Ecole, apprendront aux enfants
Ce que leur déguisaient les dogmes étouffants.
La Bible sous les veux, le maître osera dire :
« Le monde est incréé », sans se faire interdire;
Et les graves docteurs ne contesteront plus
Lorsqu'il ajoutera : « Le ciel n'a point d'élus. »
S'il reste à la Bretagne un pédant de collège
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Pour accuser encor le vrai de sacrilège,
Vain retard ! le réel, prouvant, prouvant toujours,
A Quimper-Corentin établira ses cours.
En ce temps-là, les dieux, rangés selon l'histoire,
Défileront devant le scolaire auditoire,
Vieux, nouveaux, géants, nains, confondus froidement
Par l'austère critique en un seul jugement;
Et le maître, arrivant à la vierge Marie,
Dira du Sacré-Cœur : « Dernière idolâtrie ! o
— Mais aujourd'hui, chercheurs, quel abîme à franchir ! Les épouses sont là, mères qu'il faut fléchir.
Son enfant dans les mains , entendez-vous la femme? « Vous n'aurez pas mon fils, vous qui desséchez l'âme ! a A ces mots, un abbé paraît, et, doucereux, Se charge d'abêtir le petit malheureux.
— Ah ! savants, croyez-en l'esprit des nobles races, Le culte du grand art vous attend sur leurs traces; Où régna l'imposture, adorons la beauté
Et, sous ses traits, l'amour, le respect, la bonté. Sitôt que la morale entrera dans vos classes, Pure comme Marie, avec l'attrait des Grâces, Et que par vous le Beau, dieu des gréco-latins, Des êtres généreux flattera les instincts, — Les femmes s'ouvriront aux doctrines nouvelles;
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Vous trouverez alors les portes moins rebelles. Les pères rassurés vous chargeront, oui, vous, De former les penseurs, les soldats, les époux ; Et quand, le soir, l'élève heureux dans sa famille Caressera maman avec des bras de fille, Lui laissant voir, plus sage et meilleur qu'aujourd'hui, Comment ses professeurs sèment le bien en lui ; Messieurs, remettez-vous des épreuves amères, Les abbés malfaisants n'iront plus chez les mères.