‹ Poésies (volume 3)Chapitre 44 sur 124 · TROUVILLE · texte numérisé non relu

TROUVILLE

Elle, avait la beauté dont le dédain foudroie,

El lui, l'un de ces cœurs dont l'amour fait sa proie.

Lui s'enflamme ; elle en rit. «Grand Dieu, je suis perdu ! »

Dit-il, en s'éloignant, par la dame entendu.

— Un miroir dans les mains, celle-ci s'interpelle :

« Quoi! fatale beauté, tu lui parais cruelle! a

Et la terreur la gagne. — Il s'était arrêté

Pour écrire au crayon ce mot qui fut porté :

« Tu m'avais en mépris, j'irai là-haut l'attendre :

Du ciel, je veux te voir regretter un cœur tendre. >

Sans doute il s'abusait. — Le soir, un matelot

Trouva son corps déjà ramené par le flot.

Que d'hélas ! et quels pleurs ! — La dame a pris le voile

Et depuis n'a jamais regardé qu'une étoile.

C'est là qu'il doit l'attendre; épouse en ces liens.

Elle lui crie au ciel : o Grand cœur, je t'appartiens! »

Or, quelqu'un qui l'a vue en extase ravie, Sur sa pâleur la juge au terme de sa vie... Mais j'arrête des vers que leur sobriété Condamne en cette histoire à la rapidité.

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