‹ Poésies (volume 3)Chapitre 51 sur 124 · CONSOLATION · texte numérisé non relu

CONSOLATION

Août 1862.

C'était un lourd fardeau, mais valant son poids d'or. Quand ces cheveux, le soir, échappaient à l'écaillé Pour ruisseler en flots mordorés sur ta taille, Combien je t'admirais sous ton pesant trésor !

Sois calme, ils reviendront, plus lourds peut-être encor : De ton filet soyeux ils briseront la maille, Ils se révolteront contre la toque en paille; Tu te plaindras un jour de leur nouvel essor.

Cependant ta jeunesse eut là son diadème,

Et l'orgueil paternel s'en décorait lui-même.

Ils tombent... pour un temps les grâces vont chômer ;

Mais il reste à ton front l'éclat d'une âme bonne : Je veux de tes douceurs te faire une couronne ; Mes vers enseigneront le besoin de t'aimer.

Page 1