‹ Poésies (volume 3)Chapitre 52 sur 124 · LE LOUVRE · texte numérisé non relu

LE LOUVRE

Septembre.

Où l'art est naturel un enfant le découvre.

Souvent je t'emmenais toute petite au Louvre :

Raphaël, ce témoin du lever de Jésus,

Te montrait une mère à toi qui n'en as plus ;

Marie ouvrant les bras, tu te croyais sa fille,

Ton innocence entrait dans la Sainte Famille.

Puis devant Solari, dont la Vierge au coussin

Sort pour le bambino le bouton de son sein,

Tes regards affamés imploraient la peinture,

Ton instinct réclamait ta part de nourriture.

«Ah! du moins, murmurais-je, invoquant le tableau,

Nourris cette orpheline aux exemples du Beau ! »

— Mais de loin, le Vinci t'indiquait la Madone

Attentive aux ébats du dieu qui s'abandonne;

Vers elle tu courais le divertir aussi ; Tu jouais avec Christ. — Goûte donc Solari, Adore Léonard, que Raphaël t'impose :

Leurs Vierges remplaçaient ta mère qui repose.

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